Bienveillance Educative en Finistère

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« C’est kiki a fait ça ??? » retentit dans toute la maison, fustigeant un probable coupable dont on ignore encore le nom mais que l’on compte bien démasquer … Mais … Pourquoi ???

– Qui a taché le canapé ?

-Qui a laissé le sécateur traîner dans le jardin ?

– Qui a laissé la lumière allumée ?

– Qui a laissé l’eau couler ?

– Qui a mangé tout le chocolat ? …

Pedizzr1001A la recherche du coupable on reçoit souvent de telles réponses :

– C’est pas moi !

– C’est machin ! 

– Non c’est même pas vrai, c’est pas moi !

– C’était déjà comme ça quand je suis arrivé !

On avive également un esprit de suspicion entre les enfants, une ambiance culpabilisante avec envie de vengeance qu’ils entretiennent très facilement entre eux après ça …

Avant de partir à la recherche du 4ème enfant, (alors que je n’en ai que 3 mais qu’un enfant secret doit commettre les bêtises dans la maison) je me pose les questions suivantes :

A quoi sert de trouver le coupable ? Qu’est que je veux vraiment, le coupable ou la réparation ? Qu’est ce que j’apprends à mon enfant quand je lui demande « C’est qui » ? Quand il entend ma demande, a-t-il réellement envie de coopérer, de réparer ? A-t-il envie de se dénoncer ou plutôt peur d’être puni ?

Dans un groupe classe par exemple, quand on demande au coupable de se dénoncer avec menace de punition collective, ça marche rarement. Le coupable ne se dénonce pas … De toute façon il sera puni !

Alors plutôt que de rechercher le coupable, je préfère signaler l’erreur, une erreur, c’est fait pour être réparée et surtout ça sert à apprendre ! Je dis alors :

– Je vois une tâche sur le canapé !

– J’ai besoin du sécateur, quelqu’un pourrait m’aider à le retrouver ?

– Ho ! La lumière est restée allumée dans la salle de bain ! 

– J’entends de l’eau couler …

– Je suis déçue je voulais du chocolat mais il n’y en a plus !

Et là miracle ! Ça court, ça bouge, parfois même plusieurs enfants en même temps pour éteindre la lumière ou couper l’eau !

Et si parfois je dois moi-même réparer les erreurs de mes enfants, je leur fais remarquer et je leur dis comment j’ai fait. Je sème les graines de réparation pour la prochaine fois !

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Grâce aux découvertes en neurosciences, nous savons aujourd’hui que le cerveau trie les informations qui lui arrivent dans un certain ordre qui traverse les 3 parties du cerveau :

1/ ce qui est de l’ordre de la survie : le cerveau reptilien

2/ ce qui est de l’ordre de l’affectif, des émotions, le cerveau limbique

3/ ce qui est de l’ordre de la raison, des apprentissages : le néocortex

 

Quand le cerveau se sent menacé, quand la survie est en jeu, les autres parties du cerveau ne réagissent pas et le cerveau commande au corps de fuir ou d’éviter le danger de façon réflexe.

Quand le cerveau envahi par des émotions fortes, il ne peut pas se concentrer sur d’autres tâches. En situation d’émotions fortes, de stress, d’insécurité, de peur, de colère, l’enfant ne pourra pas apprendre.

Le cerveau d’un enfant n’est pas aussi mature que celui d’un adulte. Les émotions sont perçues de façon plus forte dans l’enfance et l’adolescence.

La tâche principale du cerveau consiste à traiter l’information, à la mémoriser, à apprendre. Tous les cerveaux sont programmés pour apprendre, et ce, pendant toute sa vie.

Un enfant naît avec 100 milliards de neurones mais seulement 10% des connexions (synapses) sont disponibles à la naissance. Les 90% restants se développent après la naissance.

Les connexions synaptiques sont plus ou moins rapides en fonction de l’âge, du cerveau … Les EIP par exemple ont des connexions neuronales qui vont beaucoup plus vite que les autres.

Le système neuronal se construit avec l’expérience de chacun : apprentissage, émotions, histoire de vie. Les constructions synaptiques sont dépendantes de l’environnement. Le cerveau se modifie tout au long de la vie, il n’y a pas de limite, il n’est pas possible que le cerveau arrête de progresser.

Ces découvertes en neurosciences nous invitent à réinterroger notre vision de l’intelligence et des apprentissages, de la gestion des émotions et notre communication avec l’enfant. Ces découvertes rejoignent également toutes les théories sur l’intelligence émotionnelle et la communication bienveillante. Sans imagerie cérébrale, des visionnaires avaient pu mettre en avant le fonctionnement de l’être humain dans sa dimension sensible et communicante.

 


Poème de Pablo Casals :

Chaque seconde que nous vivons est un moment nouveau et unique dans l’histoire de l’univers, un moment qui ne reviendra plus jamais…
Et qu’enseignons-nous à nos enfants ? Nous leur enseignons que deux et deux font quatre, et que Paris est la capitale de la France.

Quand enseignerons-nous aussi à savoir qui ils sont ?

Nous devrions dire à chaque enfant : Sais-tu qui tu es ?
Tu es une merveille. Tu es unique. Depuis le début des temps, il n’y a jamais eu un autre enfant comme toi. Tes jambes, tes bras, l’agilité de tes doigts, ta façon de marcher.
Tu pourrais être un Shakespeare, un Michel-Ange, un Beethoven.
Tu es capable de réussir en tout. Oui, tu es une merveille. Et quand tu seras grand, oserais-tu faire du mal à quelqu’un qui, comme toi, est une merveille ?

Tu dois travailler – nous devons tous travailler – à rendre le monde digne de ses enfants.


Chacun, c’est pas bête

fait des étiquettes

qu’il colle à la tête

de ses voisins

Ainsi, c’est pratique

on sait, tout de suite,

qui est sympathique

ou qui ne l’ai point.

Puis on classe,

chacun à sa place

lui c’est un garçon bien

elle une fille de rien

Il y a les minettes

et les fortes têtes,

il y a les crâneurs,

et puis les râleurs,

Lui c’est un plat de nouilles

elle c’est une andouille,

toi tu n’es qu’un fou,

lui c’est un voyou

Il y a les vieilles commères

les sales caractères

et puis, les chipies

et les abrutis

Toutes ces étiquettes

que l’on se flanque à la tête,

ça fait des grands murs,

avec des barreaux,

Mais quand on rejette

ces idées toutes faîtes

on est délivrés

on est libéré


Carte mentale émotionsLes émotions et les besoins font partie intégrantes de chaque être humain. Chacun perçoit la même palette d’émotions, tous les êtres humains ont les mêmes besoins. Mais pas au même moment ni dans une même situation.

Les émotions servent de signaux d’alerte pour l’homme et ceux depuis la nuit des temps où l’homme se faisait attaquer par des bêtes féroces … C’est une source d’information intérieure importante. Les émotions négatives naissent en général de l’expression d’un besoin qui n’est pas satisfait.

Les émotions influencent notre vie quotidienne et elles jouent un rôle capital dans les relations humaines. Beaucoup d’adultes sont coupés de leurs émotions. Ils ont appris à les nier plutôt qu’à les comprendre et les gérer. Fuir ou nier ses émotions c’est comme forcer le couvercle d’une cocotte minute, à un moment ça explose ! Ne pas savoir gérer ses émotions c’est donc être en proie au stress, à la dépression, à l’agressivité, aux colères violentes.

Gérer ses émotions ne veut pas dire les nier, les refouler, les maîtriser, les retenir … Il s’agit de reconnaître son émotion et de savoir quel message elle transmet. Puis de connaître quel comportement ou parole je peux adopter ou dire pour l’exprimer en toute bienveillance, c’est-à-dire, sans blesser l’autre.

Tout le monde a des capacités émotionnelles, appelées également intelligence émotionnelle, plus ou moins développées. On peut développer cette intelligence en l’entraînant, comme tout autre apprentissage !

Quelques astuces pour gérer ses émotions sereinement :

–         Connaître le vocabulaire des émotions.

–         Etre capable de les reconnaître et les nommer, savoir descendre dans son coeur (sentir corporellement l’émotion : rythme cardiaque, tremblement, larmes, excitation … ; en reconnaître l’intensité : légère, moyenne, forte).

–         Identifier la cause de l’émotion (il n’y a pas de relation de cause à effet entre le comportement des autres et mes émotions, je suis le seul responsable de ce que je ressens, d’ailleurs à un même événement, nous ne ressentons pas tous les mêmes émotions.) Reporter la responsabilité de mon émotion sur autrui entretient notre sentiment de colère, de frustration, de peine et de déception.

–         Reconnaître son besoin non respecté.

–         Trouver un moyen pour se calmer et pour exprimer son émotion à l’autre sans violence, c’est-à-dire sans le blesser psychologiquement ou physiquement.


Princesse un jour...

 
Quand on m’offre des poupées
Des tables à repasser
Je vois la vie en rose.
Même si j’suis encore petite
Il n’est jamais trop tôt
Pour apprendre mon rôle.
Une mère attentionnée
Qui soigne son foyer
Voilà ma destinée.
Princesse un jour et bonich’ pour toujours,
Le choix est fait, j’ai plus le droit de décider.

 
Quand on m’offre des p’tits soldats.
Des motos des Lego
Je vois la vie en bleu-eu.
Petit mais déjà costaud
Il n’est jamais trop tôt
Pour apprendre mon rôle.
Un petit gars, un dur, un vrai
Qui veut tout diriger
Par la violenc’ régner.
Le chef c’est moi, j’suis l’plus fort, c’est
comme ça,
le choix est fait, j’ai plus le droit de décider!

 

La Fée Samia, le fée Youssef
(Sur l’air de Pirouette Cacahuète)
Papa Noël est passé,
Pirouette, cacahuète,
Papa Noël est passé,
Kévin a eu une grosse voiture
Et Manon une belle poupée.
Et les fées sont arrivées,
Pirouette, cacahuète,
Et les fées sont arrivées,
La Fée Samia, le fée Youssef (bis)
Avec leur baguette magique,
Pirouette, cacahuète,
Avec leur baguette magique,
Fées ont changé tous nos jouets (bis)
Manon peut jouer au rugby,
Pirouette, cacahuète,
Manon peut jouer au rugby,
Et Kévin, à la Barbie (bis)
Et papa a pris le temps,
Pirouette, cacahuète,
Et papa a pris le temps,
de s’occuper de ses enfants (bis)
Car les fées ont supprimé,
Pirouette, cacahuète,
Car les fées ont supprimé,
Les modèl’s stéréotypés (bis)

Source : http://education-nvp.org/wp/wp-content/uploads/2013/01/Dossier-FPGenre-Mai-2009.pdf

 


1. Mes mains sont petites; ne vous attendez donc pas à la perfection quand je fais mon lit, quand je dessine ou que j’envoie un ballon. Mes jambes sont courtes; ralentissez pour que je puisse vous suivre.

2. Mes yeux n’ont pas vu le monde comme vous; laissez-moi l’explorer en toute sécurité, mais sans interdit inutile.

3. Il y aura toujours des choses à faire à la maison, mais moi je ne suis jeune que pour quelques années. Prenez le temps de m’expliquer les choses, avec patience et bonne volonté. Ce monde semble si merveilleux!

4. Je suis fragile, même si je ne le montre pas. Soyez sensible à mes besoins, à ce que je ressens. Ne vous moquez pas de moi sans arrêt. Traitez-moi comme vous aimeriez être traité ou, mieux, comme vous auriez aimé être traité quand vous aviez mon âge.

5. Je suis un cadeau de la nature; traitez-moi s’il vous plait comme tel. Je suis responsable de mes actions, mais c’est vous qui me donnez l’exemple et convenez avec moi de règles – avec amour.

6. J’ai besoin de vos encouragements pour grandir. Mettez la pédale douce pour les critiques. Souvenez-vous: vous pouvez critiquer ce que je fais sans me critiquer, moi.

7. Donnez-moi le droit de prendre des décisions moi-même. Autorisez-moi à expérimenter l’échec, pour que j’apprenne de mes erreurs. De cette façon, je serai prêt à prendre plus tard les décisions que la vie me demandera de prendre.

8. S’il vous plaît, cessez de me comparer. Je suis unique. Si vous avez des attentes trop fortes pour moi, je ne me sentirai pas à la hauteur, et cela minera ma confiance en moi. Je sais que c’est difficile, mais ne me comparez pas à ma soeur ou à mon frère.

9. N’ayez pas peur de partir ensemble pour un week-end. Les enfants ont eux aussi besoin de vacances, sans leurs parents — tout comme les parents ont besoin de vacances sans leurs enfants. En plus, c’est une façon de nous montrer combien votre relation est forte et combien vous vous aimez.

10.Apprenez-moi la relaxation : la méditation ou la prière. Montrez-moi l’exemple en vous recueillant vous aussi. J’ai besoin moi aussi d’une dimension intérieure.

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