16H50, sortie de cours au collège …

Les élèves ont 10 minutes pour souffler, courir, goûter avant l’étude.

De loin, j’observe …

Deux grands de 3ème demandent à une petite de 6ème de partager son goûter avec eux. Manifestement, ils ont faim. Il est vrai qu’à leur âge, ils ingurgitent des quantités phénoménales ! Peut-être ont-ils oublié leur goûter ? Peut-être qu’on n’a pas pensé à leur en donner un ? Peut-être qu’il n’y avait rien de pratique à apporter de la maison ?

Bref, la petite hésite (elle n’a qu’une petite barre chocolaté et elle aussi elle a très faim …) puis finalement, donne un bout à l’un d’eux. Du coup 3 autres garçons se lèvent du banc pour entourer la plus jeune en tendant la main.

Je ne suis pas la seule à avoir remarqué le trafic du fond de la cour de récréation. La surveillante s’approche et met fin au manège. Elle protège la petite de ses racketteurs.

Alors, partage ou racket ?

Le racket dans une cours de collège n’a pas le même visage qu’à la télé. Les garçons sont plutôt des types sympas, ils rigolent, ils ne menacent pas … Mais ça peut devenir du racket si c’est instauré comme une habitude, si l’enfant se sent menacé, si la victime ne peut pas dire NON.

SEulement, peut-elle dire NON, qu’a-t-elle appris quand elle était plus jeune : qu’il faut savoir partager, qu’il faut donner, qu’il faut prêter ses jouets à son frère, à sa soeur et ce dès 12-18 mois ! On voit régulièrement forcer des enfants à partager ! Un enfant ne peut pas comprendre réellement cette injonction du partage avant 4 ans … Avant, il est dans la possession, mais pas de la même manière que nous l’entendons en tant qu’adulte. Il n’acquiert donc pas cette notion de partage, de faire plaisir à l’autre, de collaborer de façon naturel mais bien par soumission au désir de l’adulte, pour être un « Bon », pas un »Méchant ».

Mais en grandissant, l’enfant qui voudra être le « bon » copain, le gentil qui ne sait pas refuser, qui voudra toujours faire plaisir à l’autre, ne saura pas non plus dire NON quand il faut. Il sera plus vulnérable au racket.

 

Alors, ils ont le temps d’apprendre à partager, n’en faisons pas une injonction mais montrons leur donc l’exemple ! Nous voir heureux de partager, de rendre service lui suffira pour comprendre les bienfaits du partage !

 

Publicités